Nous avons vu que l’IA procure une aide très intéressante pour sélectionner le ciel, un sujet, des personnes, des objets… Dans cet article, nous allons nous intéresser à son utilité pour supprimer des éléments indésirables dans une image.
Ces éléments peuvent avoir été préalablement sélectionnés (avec ou sans IA) ou être détectés directement par Photoshop.
Suppression des distractions
Si comme moi vous avez passé de trop longs moments à supprimer des fils électriques ou des passants sur vos photos, vous devez apprécier que cela que cela puisse désormais se faire très efficacement en un clic.

Lorsque l’on sélectionne l’outil de suppression dans la barre d’outils, la barre contextuelle propose une option « Détecter les distractions ». Pour le moment (début 2026), Photoshop est capable de détecter automatiquement les fils et câbles,ainsi que les personnes.
On peut raisonnablement parier qu’Adobe ajoutera d’autres types de distractions à l’avenir, par exemple les taches de capteur, fonctionnalité déjà présente dans Camera Raw ou Lightroom.
Avec certains des nouveaux abonnements à photoshop, le nombre de crédits génératifs est assez limité. Bonne nouvelle, tant qu’on ne fait pas appel au remplissage génératif (avec ou sans prompt), la suppression ne consomme pas de crédits IA. De plus, on peut toujours choisir de désactiver l’IA, même si les résultats sont souvent moins bons.
Suppression des câbles et fils électriques
Pour supprimer les câbles et fils électriques, il suffit de sélectionner cette option, dans le menu « détecter les distractions ». La sélection réalisée par Photoshop n’est pas visible, et la suppression démarre automatiquement. C’est redoutablement efficace, sauf pour des fils électriques très fins dans le lointain. Ca ne supprime pas les poteau électriques quand même 🙂 il faut le faire manuellement ensuite.
Suppression des personnes
Pour la suppression des personnes, photoshop affiche les sujets détectés. On peut alors soit valider (touche entrée ou coche à l’extrémité de la barre contextuelle) soit modifier la sélection.
Par exemple sur la photo ci-dessus, je souhaite garder les personnes floues au centre et supprimer les autres.

Les boutons + et – dans la barre contextuelle permettent de corriger la sélection.
Si je veux annuler l’opération , je le fais avec la flèche courbée vers la gauche de la barre contextuelle.
En quelques secondes j’ai ainsi supprimé les câbles du tram et la plupart des passants. Bien sur on peut faire cela avec les outils classiques de suppression de photoshop, jouer avec le correcteur, le correcteur localisé, le tampon. Mais le gain de temps est considérable.
Rappel utile : la suppression d’un élément dans une photo c’est en fait un ajout : photoshop ajoute des pixels par dessus ceux qu’il faut supprimer pour les masquer en reconstituant l’image de manière crédible.


L’outil suppression : options et fonctionnement
La barre d’options de l’outil suppression
L’outil suppression de la barre d’outil N°1 ci-dessous est en premier lieu un outil de sélection.
Comme pour le pinceau, le tampon ou d’autres outils, on peut en régler le diamètre avec le bouton de la barre d’outil N° 3 ou avec le raccourci clavier alt + clic droit tiré vers la droite ou la gauche mais son opacité reste toujours à 100%.
Le bouton N°4 n’est utile qu’avec un stylet sensible à la pression. Dans le cas présent, la pression règle le diamètre de l’outil.
Le N°5 permet de changer la couleur et l’opacité de surlignage.
Le bouton N°7 a un intitulé qui parle de lui-même
Les boutons 2, 6, 8 et 9 ont un usage spécifique à cet outil que nous verrons plus en détail.

Déposer après chaque trait et paramétrage de l’IA
Dans les cas simples, il suffit de peindre sur l’élément à supprimer comme ici pour la grue. En suivant grossièrement ses contours, photoshop le remplit automatiquement. Si l’on effectue trop d’allers-retours, le remplissage automatique peut ne plus se déclencher.
Si la case du bouton N°8 (déposer après chaque trait) est cochée, dès que l’on relève la souris ou le stylet, la suppression est automatiquement lancée.

Le bouton N°6 ouvre une boite de dialogue qui permet de choisir comment on souhaite utiliser (ou non) l’IA.
Comme l’indique le message qui s’affiche, l’utilisation de cet outil ne consomme pas de crédits IA, même quand l’IA est utilisée. Autant en profiter : les résultats sont généralement bien meilleurs, même s’il peut parfois y avoir quelques surprises.
Sans IA, l’outil se comporte de manière similaire au correcteur localisé.
Sélections complexes

Lancer la suppression dès que l’on relève la souris, c’est parfois pratique, pour supprimer des petits éléments en particulier mais ce n’est pas toujours souhaitable. Pour supprimer des éléments rectilignes, comme ce mât rouge en plein milieu, il est bien plus pratique de décocher la case N°8. On peut alors cliquer en haut de l’objet, maintenir Maj, puis cliquer en bas pour créer une sélection parfaitement droite. La suppression est lancée en validant avec la coche N°10.
Lorsque cette case N°8 est décochée, le bouton « – » du N°2 devient accessible. Cela permet de corriger la sélection faite.
Pour des éléments répétitifs (grillage, poteaux, barrières…), il est recommandé de tout sélectionner en une seule fois avant de lancer la suppression.
L’IA s’appuie sur l’environnement immédiat pour reconstituer l’image : supprimer progressivement peut parfois conduire à remplacer un élément par… un autre élément identique !
Création d’un nouveau calque

Lorsqu’une photo est ouverte « normalement », c’est à dire comme un calque de pixels dans photoshop, si on utilise l’outil supprimer SANS cocher la case N°9 « créer un nouveau calque », les pixels de la photo sont directement modifiés. Dangereux !
Dans l’exemple ci-dessus, j’ai désactivé l’IA et omis de cocher cette case N°9 avant de supprimer le mât rouge. Le résultat n’est pas terrible…
Je peux toujours annuler l’opération mais seulement juste après l’avoir faite.
Pour mémoire, ajouter un calque ne comportant que quelques pixels n’alourdit pas une image . Créer un ou même de multiples calques quand on fait des corrections est une bonne pratique qui permet de revenir en arrière.
Pour plus de lisibilité, on peut regrouper ces calques de correction dans un dossier dédié.
Cas des objets dynamiques

Personnellement j’ouvre toujours mes photos depuis lightroom en tant qu’objet dynamique. Le calque qui est créé dans photoshop est en pratique une boîte qui contient le fichier raw. Je peux le modifier si nécessaire avec Camera raw.
L’outil de suppression, qui fonctionne en ajoutant des pixels, ne peut pas écrire directement sur ce type de calque. Même si l’option « Créer un nouveau calque » n’est pas cochée, Photoshop le fait automatiquement et l’indique clairement.
Sélection d’objets avant suppression
Définir la zone à supprimer directement avec l’outil de suppression n’est pas très précis, même en utilisant les boutons + et – lorsque la case N°8 est décochée. Heureusement, on peut utiliser en amont tous les outils de photoshop pour faire une sélection précise, notamment le pinceau de sélection ou les lassos.

La détection d’objet est particulièrement efficace. Cet outil et son paramétrage sont décrits en détail sur cette page.

Pour supprimer la bannière « Museo Correr » la détection d’objet fonctionne très bien. Dans la barre contextuelle, le bouton supprimer a la même fonction que celui de la barre d’outils. En cliquant sur le petit pinceau à sa droite, dans le menu qui s’ouvre, je choisis fréquemment de dilater légèrement la sélection (5 à 10 pixels par exemple) pour éviter les effets de bords.

Le résultat est assez approximatif ici.
Il peut être grandement amélioré en faisant appel au remplissage génératif, qui propose 3 variantes, mais qui consomme des crédits génératifs. Le résultat ci-dessous est assez bluffant je trouve.

Améliorer la suppression

Parfois la suppression faisant appel à l’IA ne fait pas exactement ce que l’on voudrait !
Dans ces situations, il ne faut pas hésiter à relancer la suppression, combiner plusieurs méthodes, ou revenir aux outils « historiques » de Photoshop.
Le tampon, le correcteur localisé ou le correcteur restent indispensables dans les cas les plus délicats.
Jusqu’où aller dans la suppression ?
Vaste question ! Dans cette photo de la place Saint Marc, prise depuis la galerie de la basilique, faut-il supprimer la grue ? le mât rouge ? Les bannières des musées ? les travaux ? Les gens ? Les pigeons ?
Pour ma part, tout dépend de la destination de l’image.
Si une photo est destinée à un usage promotionnel, la question de l’honnêteté visuelle se pose.
En revanche, pour conserver un souvenir personnel fidèle à mon ressenti sur place, je n’hésite pas à supprimer certains éléments que mon cerveau avait déjà « effacés » au moment de la prise de vue.


Encore merci pour ce, voire ces tutos qui nous aborde les sujets vu d’un œil de photographe, et nous permet d’aller à l’essentiel des points traités.
Bonnes fêtes de fin d’année.
J-L
Merci pour ce gentil commentaire 🙂 et bonnes fêtes également, une belle occasion de faire des photos !