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Faut-il bannir l’IA des concours photo ?

Dans le cadre des concours photo, où l’authenticité, la maîtrise technique et l’œil du photographe sont censés primer, n’est-il pas indispensable d’interdire purement et simplement l’utilisation de l’IA pour préserver l’intégrité de ces compétitions ?

Fausse vieille photo, en partie générée par IA

Cette image a remporté le Sony World Photography Awards en 2023. Le lauréat,Boris Eldagsen a ensuite renoncé à son prix en dévoilant que cette image avait été générée par IA et qu’il l’avait soumise pour alerter sur les problèmes posés par l’IA en photographie.
L’histoire est à lire dans cet article.

Véritable photo ayant remporté un concours d'image générées par IA

Inversement, une véritable photo d’un flamant rose, prise par Miles Astray, a remporté un concours de photos générées par IA !

Il est donc bien difficile de dintinguer la part d’IA dans une photo, d’où cette question de bannir on non l’IA des concours photo,

J’ai posé cette question à 6 IA et voici leurs réponses.

Cet article est le troisième de la série Ce que les IA disent de leur impact en photo

N’hésitez pas à partager votre propre réponse dans les commentaires !

Chat GPT

Tout dépend du type de concours. Dans les concours documentaires ou journalistiques, il est logique et justifié d’interdire l’IA ou la retouche excessive, car l’authenticité du réel est la finalité. Mais dans les concours artistiques, conceptuels ou créatifs, interdire l’IA reviendrait à interdire Photoshop, la double exposition ou même le photomontage, qui sont déjà des formes reconnues d’expression photographique.

La clé est donc la catégorisation claire des concours :

  • Concours « purs », avec interdiction stricte de toute IA ou retouche majeure.
  • Concours « créatifs », où l’IA peut être utilisée comme un outil parmi d’autres, tant que cela est déclaré.

Interdire de manière globale et absolue serait irréaliste, car cela reviendrait à nier l’évolution technologique constante de la photographie, qui a toujours intégré de nouveaux outils.

Perplexity

Oui, il semble indispensable d’interdire l’usage de l’IA générative dans les concours photo traditionnels.

Ces compétitions valorisent l’authenticité du regard, la maîtrise de la technique et la capacité à saisir un instant réel. L’introduction de l’IA fausse la concurrence et remet en cause la valeur du travail humain.

Toutefois, il peut être pertinent de créer des catégories spécifiques pour les œuvres assistées ou générées par IA, afin de reconnaître la diversité des pratiques tout en préservant l’intégrité des concours classiques.

Claude.ai (anthropic)

L’interdiction de l’IA dans les concours photo traditionnels semble nécessaire pour préserver leur essence. Ces compétitions valorisent la maîtrise technique, l’œil artistique et la capacité à saisir l’instant – compétences que l’IA peut court-circuiter.

Toutefois, plutôt qu’une interdiction totale, une approche nuancée serait plus réaliste : créer des catégories distinctes (photos pures, photos avec retouche traditionnelle, créations assistées par IA) permettrait de préserver l’intégrité tout en reconnaissant l’évolution technologique.

Le Chat

Une interdiction totale de l’IA pourrait être justifiée pour préserver l’intégrité des concours photo, mais elle pourrait être difficile à appliquer.
Une approche plus nuancée pourrait être de créer des catégories distinctes pour les œuvres utilisant l’IA, permettant ainsi de reconnaître cette nouvelle forme d’art tout en préservant l’intégrité des catégories traditionnelles.

Par exemple, une catégorie « Photographie assistée par IA » pourrait être créée pour permettre aux participants d’utiliser l’IA tout en gardant une distinction claire avec les catégories traditionnelles.

Copilot

Les compétitions veulent récompenser :

  • l’œil du photographe (composition, narration)
  • la maîtrise technique (exposition, netteté)
  • l’authenticité du geste créatif.

Une interdiction totale d’IA semble séduisante pour préserver ces attributs. Mais :

  • Elle risque de figer l’art photographique à un stade pré-IA, en ignorant l’évolution des pratiques.
  • Elle est difficile à faire respecter tant l’IA est déjà intégrée dans la chaîne de production. Une alternative raisonnable : créer plusieurs catégories (« pure photo », « retouche numérique autorisée », « création assistée IA »), et imposer une déclaration d’usage claire pour chaque œuvre.

Gemini

La question de l’intégration de l’IA dans les concours de photographie est cruciale pour préserver l’intégrité, la maîtrise technique et l’œil du photographe humain. Les politiques actuelles des principaux concours reflètent une prise de conscience croissante de ces enjeux.

Politiques Actuelles des Principaux Concours Photo Concernant l’IA

Les concours de photographie adoptent diverses approches face à l’IA :

  • World Press Photo Contest : Ce concours maintient une position stricte, interdisant explicitement les « images synthétiques ou générées artificiellement » et le « remplissage génératif artificiel » en post-production pour ses catégories principales (Singles, Stories, Long-Term Projects), affirmant que de telles productions « ne sont pas de la photographie ». Une utilisation limitée d’outils d’amélioration basés sur l’IA (par exemple, Denoise, ajustements automatiques, sélection d’objets pour des ajustements locaux) est autorisée uniquement si elle n’introduit pas de « nouvelles informations » ou ne supprime pas d’informations capturées par l’appareil photo. Les outils d’agrandissement basés sur l’IA qui introduisent de nouvelles informations sont strictement interdits. Fait notable, pour sa catégorie « Open Format », l’IA générative est autorisée à condition que la photographie fixe basée sur l’objectif soit la source et la partie centrale de l’œuvre, les images entièrement générées par l’IA étant disqualifiées. Les participants sont tenus de divulguer l’étendue de l’application de l’IA.
  • Sony World Photography Awards (Open Competition) : Ce concours autorise la manipulation d’images, mais exige que l’étendue de celle-ci « doit être décrite » dans la soumission. Il stipule de manière cruciale que le « contenu généré par ordinateur ne peut pas être l’origine de la participation », exigeant que l’image originale soit une « photographie analogique ou numérique ». Les fichiers originaux peuvent être demandés pour vérification.
  • National Geographic (Concours CGPTIA) : Ce concours déclare explicitement « Pas d’IA ni de clonage autorisé ». Bien que leur défi Instagram « Your Shot » soit plus informel, il demande toujours les fichiers originaux pour les photos sélectionnées.
  • Tendance Générale : Une tendance plus large parmi certains concours est de rejeter explicitement les photos générées par l’IA, soulignant le désir de « vrai, de vivant, de l’intense! ».

Nécessité et Faisabilité de l’Interdiction de l’IA

De nombreux concours jugent l’interdiction pure et simple des images générées par l’IA indispensable pour maintenir l’intégrité de la photographie en tant qu’enregistrement de la réalité et pour préserver l’élément humain, y compris l' »œil » du photographe et sa maîtrise technique. La faisabilité de cette interdiction est mise au défi par la sophistication croissante des outils d’IA, qui peuvent produire des résultats hyperréalistes difficiles à détecter. Cependant, des concours comme le World Press Photo mettent en œuvre des « défenses multicouches contre les faux », y compris l’exigence de fichiers bruts (RAW) originaux, l’emploi d’analystes numériques indépendants et la réalisation de recherches externes.

La question de savoir si l’interdiction est « indispensable » est clairement abordée par la recherche, qui montre que de nombreux grands concours mettent en œuvre de telles interdictions pour la génération complète par l’IA. Cela révèle un consensus sur le fait que les images générées par l’IA diffèrent fondamentalement de la « photographie » dans un contexte de compétition. Cette interdiction nécessite des mécanismes de détection sophistiqués et robustes, créant une course aux armements entre les capacités de génération d’IA et les technologies de détection. Le défi ne se limite donc pas à ce qu’il faut interdire, mais à la manière d’appliquer efficacement et équitablement ces interdictions.

La catégorie « Open Format » du World Press Photo Contest, qui autorise l’IA générative sous des conditions spécifiques (la photographie basée sur l’objectif étant la source et la partie centrale), constitue une politique significative. Elle représente une tentative pragmatique de reconnaître le potentiel artistique de l’IA sans compromettre l’intégrité des catégories de photojournalisme traditionnelles. Cela démontre une adaptation stratégique plutôt qu’un rejet catégorique de l’IA, suggérant un avenir où des espaces compétitifs distincts pour l’art visuel influencé par l’IA deviendront la norme, permettant la coexistence de diverses formes de création visuelle dans le monde de l’art.

Bonnes Pratiques pour les Organisateurs de Concours

Pour naviguer dans ce paysage complexe, les organisateurs de concours devraient adopter les bonnes pratiques suivantes :

  • Définitions et Politiques Claires : Établir des définitions sans ambiguïté de ce qui constitue une « photographie » (en insistant sur la capture basée sur l’objectif) et délimiter les niveaux admissibles de manipulation par l’IA (amélioration vs. génération).
  • Transparence Obligatoire : Exiger la divulgation explicite de toute utilisation de l’IA, même pour les améliorations autorisées, afin d’assurer l’honnêteté et un jugement éclairé.
  • Vérification Rigoureuse : Mettre en œuvre des processus de vérification robustes, y compris la soumission obligatoire de fichiers RAW ou de fichiers originaux de l’appareil photo pour toutes les participations présélectionnées, afin de confirmer l’authenticité et de détecter l’IA générative.
  • Jury et Analystes Experts : Utiliser des jurys et des analystes numériques indépendants ayant l’expertise nécessaire pour identifier les artefacts de l’IA et évaluer l’intégrité des images.
  • Catégorisation : Envisager d’établir des catégories distinctes pour l’art visuel assisté ou généré par l’IA, comme le démontre la catégorie « Open Format » du World Press Photo, afin de reconnaître de nouvelles formes de créativité sans compromettre les normes photographiques traditionnelles.
  • Lignes Directrices Éthiques : Développer et communiquer largement des normes éthiques claires concernant l’utilisation de l’IA, en particulier pour le photojournalisme et la photographie documentaire, afin de guider les participants et de maintenir la confiance.
  • Adaptation Continue : Reconnaître que le paysage technologique évolue rapidement et s’engager à évaluer et à affiner régulièrement les règles des concours pour relever les nouveaux défis et opportunités.

Synthèse par Chat GPT

Convergence générale :
Toutes les IA interrogées reconnaissent que l’usage de l’IA dans les concours photo pose de véritables enjeux d’éthique, d’intégrité et de lisibilité des règles. Elles s’accordent sur la nécessité de réguler son usage, mais les modalités varient.

  1. ChatGPT (OpenAI) :
    Appelle à différencier les concours. L’interdiction totale est jugée irréaliste. Propose de classifier les concours :
    – Concours « purs » : interdiction stricte d’IA et de retouche majeure.
    – Concours « créatifs » : IA autorisée comme outil déclaré.
  2. Perplexity :
    Favorable à l’interdiction de l’IA générative dans les concours traditionnels pour préserver authenticité et équité.
    Propose de créer des catégories spécifiques pour les œuvres assistées par IA.
  3. Claude (Anthropic) :
    L’interdiction paraît nécessaire pour les concours classiques, mais préconise une approche nuancée.
    Recommande la création de catégories distinctes selon le niveau d’usage de l’IA.
  4. Le Chat :
    Juge l’interdiction totale difficile à appliquer. Favorable à des catégories séparées, notamment une catégorie « Photographie assistée par IA », pour garantir la transparence.
  5. Copilot (Microsoft) :
    Reconnaît que l’IA menace l’authenticité, mais considère une interdiction globale comme irréaliste et contre-productive. Défend la création de plusieurs catégories :
    – Photo « pure »
    – retouche numérique autorisée
    – création assistée par IA
    – Avec déclaration obligatoire de l’usage de l’IA
  1. Gemini (Google) :
    Apporte une réponse détaillée avec un panorama des pratiques actuelles (World Press Photo, Sony, National Geographic).
    Confirme que :
    – De nombreux concours interdisent déjà l’IA générative.
    – Certains tolèrent des améliorations techniques limitées.
    – La création de catégories distinctes (ex : « Open Format » au World Press Photo) est un compromis efficace.
    – Le contrôle (demandes de fichiers RAW, analystes experts) est indispensable.

Résumé global :
Les 6 IA s’accordent : l’interdiction pure et simple de l’IA dans tous les concours photo est difficile, voire irréaliste. En revanche, distinguer clairement les catégories (traditionnelles, retouchées, assistées par IA) apparaît comme la solution privilégiée pour préserver l’intégrité des concours tout en accompagnant l’évolution technologique de la photographie.

Suite…

Les réponses des IA à la quatrième question que je leur ai posée sont dans cet article.

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