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Photos prêtes à imprimer : format, résolution, exportation

Vous avez retouché votre photo et elle est prête ? Reste à savoir comment l’imprimer ou l’envoyer à un labo sans perdre en qualité. Cet article vous aide à faire les bons choix de résolution, format et poids de fichier.

Cet article fait partie du guide « De la prise de vue à l’impression : guide des couleurs fidèles »

Que ce soit pour imprimer chez soi ou pour confier le travail à un imprimeur, il faut nécessairement répondre à ces trois questions :

– Quelle est la taille en pixels de mon fichier actuel (après recadrage éventuel) ?
– Avec ce nombre de pixels, quelle est la taille maximum du support d’impression compatible avec une bonne qualité ?
– Faut-il inclure le profil ICC de l’imprimante/papier dans le fichier final ?

Si on fait imprimer la photo à l’extérieur, il faut en plus répondre à ces deux autres questions :

– Quel est le poids maximum de fichier (en Mo) que mon imprimeur accepte ?
– Quel format de fichier faut-il utiliser : raw, tif, psd, jpeg , png ?

Avant de poursuivre, quelques rappels.

Ne pas confondre résolution et définition d’une image

La définition d’une image numérique, c’est le nombre total de pixels qui la compose. Elle s’exprime en millions de pixels ou mégapixels (Mpix). Une image de 6000 x4000 pixels a donc une définition de 24 Mpix. Plus une image a de pixels, plus elle est définie et riche en détails.

La résolution c’est la densité de pixels (nombre par unité de surface). Elle s’exprime en points par pouce (ppp) ou dots per inches (dpi). Les anglosaxons ont imposé leurs unités avant les autres, dommage pour les calculs !
1 pouce ​≈ 2,54 cm
On peut parler de résolution pour un écran ou pour une impression mais un fichier numérique n’a aucune résolution prédéfinie, juste une définition.

Pourquoi préciser la résolution n’a aucun sens quand on exporte pour le web

Quand on exporte une image pour le web, ou pour l’envoyer à quelqu’un qui la regardera sur un écran, cela n’a AUCUN sens de préciser la résolution (en ppp ou dpi). Le nombre de pixels de votre photo ne va pas changer que vous l’affichiez sur un écran bureautique de 1920 x 1080 pixels de 22, 24 ou 27 pouces de diagonale, sur un smartphone récent (3000 x1350), une télévision 4K (3840 x 2160), voire 8K (7680 x 4320). La résolution de l’image affichée ne dépend QUE de celle de l’écran sur lequel on la regarde.

Pour vous en convaincre, exportez une de vos photos deux fois, la première à la résolution de 2000 ppp et la seconde à … 0 ppp. Affichez les deux images exportées, vous ne voyez aucune différence car la résolution de l’image n’est tout simplement pas utilisée pour afficher la photo à l’écran. Ceci est illustré dans cet article.

Bien entendu, si votre photo a un petit nombre de pixels (après un recadrage important par exemple), inférieur au nombre de pixels de l’écran, ils seront en quelque sorte « étalés » sur celui-ci et la qualité sera mauvaise. Mais avec les boitiers actuels, le nombre de pixels de la photo est supérieur à celui des meilleurs écrans (à l’exception peut être des 8K !)

Quelle résolution choisir pour imprimer ?

On lit un peu partout qu’une résolution de 300 ppp (ou dpi c’est la même chose) est optimale.

D’où vient ce nombre magique de 300 ppp ?

A la distance de 40cm, l’œil humain moyen peut distinguer un détail angulaire d’environ 1 arc.minute (1/60e de degré). Cela correspond à environ 0,12 mm, ce qui donne une résolution d’environ 300 ppp à 40 cm de distance.

A cette distance et à 300ppp, on ne voit pas les points d’impression. Il ne sert donc à rien d’augmenter la résolution au-delà de 300ppp, sauf éventuellement si le document imprimé doit être regardé à la loupe.

On ne regarde pas une affiche publicitaire de 4m x 3m le nez collé dessus.
Plus la photo imprimée est grande, plus on la regarde de loin. En pratique on considère qu’on se positionne à une distance comprise entre 1,5 et 2 fois la diagonale du document.

Une formule (simplifiée) permet de calculer la résolution optimale théorique en fonction de la distance entre l’œil et le document imprimé et des limites de notre vision :
PPPoptimal = 8731/distance d’observation en cm

Comme certains peuvent avoir quand même envie de regarder de plus près un tirage photo, pour avoir une marge de sécurité, on peut multiplier par 2 la résolution optimale, mais sans aller au-delà de 300 ppp.

Avec toutes ces données, on peut construire le petit tableau guide suivant dans lequel les deux premières colonnes donnent les tailles de papier photo classiques, et les dernières le nombre de pixels nécessaires pour que la photo imprimée observée depuis une distance standard (1.5 fois la diagonale du papier) soit imprimée correctement. Ce tableau s’entend pour un ratio Largeur : hauteur de 3 : 2 ce qui est le cas des capteurs classiques full frame ou APS-C.

Nombre de pixels nécessaires pour imprimer en fonction de la taille du papier
Nombre de pixels souhaitables sur la grande largeur en fonction de la taille de papier

Comme illustré dans le graphique ci-contre, en pratique, avec un fichier de 10 Mpix, en ajustant correctement la résolution, on peut imprimer dans toutes les tailles tant que la photo est regardée à une distance supérieure à sa diagonale ! Avec un capteur APS-C de 24 Mpix (6000 x4000 px) on a déjà plus de pixels que nécessaire pour imprimer un panneau publicitaire (qu’on regarde à plus de 7m de distance). Une photo prise par mon fils avec un boitier APS-C de 24Mpix est ainsi affichée en 4m x3m dans un musée allemand 😃.

Jusqu’au format 20 x30, il faut imprimer à la résolution de 300ppp car la photo sera regardée d’assez près. Au-delà, le mieux c’est de s’ajuster au poids de fichier maximum accepté par votre imprimeur (ou de discuter avec lui pour suivre ses propres recommandations si vous avez accès à un interlocuteur sympa 😊). Si on peut imprimer avec une meilleure résolution que celle indiquée dans ce tableau tout en gardant un poids de fichier acceptable, il ne faut pas non plus s’en priver. La façon de calculer le poids de fichier et de l’optimiser est expliquée plus bas.

Avec le nombre pixels de mon fichier actuel, jusqu’à quelle taille de papier je peux imprimer ?

C’est la question qu’on se pose souvent !
Comme on le voit ci-dessus avec un capteur de plus de 10Mpix, on peut imprimer de très grands formats. Mais certains smartphones, appareils étanches, vieux boitiers… ont des capteurs plus petits. De même si vous avez fortement recadré votre photo, il y a moins de pixels.

Voici donc un petit calculateur qui indique la taille maximum que vous pouvez imprimer à partir de votre fichier. Si vous ne connaissez pas sa taille en pixels, faites un clic droit dessus dans l’explorateur et le finder et lisez les dans les propriétés du fichier.
Attention ce calculateur est prévu pour des rapports Largeur : hauteur de 3 : 2 seulement (pour le moment en tous acs !)

Calculez la taille d’impression maximale (photos en 3:2)

Faut-il inclure le profil du couple imprimante/papier dans le fichier à imprimer ?

La réponse est NON. Même si cela peut semble contre-intuitif !

Les profils imprimante/papier ne servent qu’à s’assurer que toutes les couleurs qui seront envoyées à l’imprimante seront bien dans le gamut de celles-ci. C’est une étape indispensable comme nous l’avons vu précédemment.

Les imprimantes attendent un profil ICC codé en RVB. C’est le pilote de l’imprimante qui « lit » le profil ICC pour faire la conversion des couleurs RVB reçues en couleurs CMJN des encres.
Les imprimantes pro ont des profils ICC en CMJN pour certains types de support. On ne les voit dans ce cas que dans photoshop, pas dans lightroom. Mais même dans ce cas, l’imprimante doit recevoir des couleurs RVB et c’est elle qui fait la conversion en CMJN.

Photoshop

Si vous avez travaillé votre épreuve d’écran sur une copie de votre fichier original (recommandé !) la copie a gardé le même espace colorimétrique que l’original.
Quand on passe en mode épreuvage d’écran, ce que l’on voit c’est une simulation du rendu de l’image imprimée mais l’espace colorimétrique n’est pas modifié.

Vous pouvez vérifier l’espace colorimétrique de la photo par le menu édition > couleurs.
Quand vous enregistrez votre fichier, il est également indiqué dans la fenêtre d’enregistrement.

Suivant l’imprimeur, celui-ci accepte que ce soit Prophoto, RGB98, P3, sRVB ou autre.
Si votre image est en prophoto, laissez la comme ça. Si l’imprimeur n’accepte que l’Adobe RGB98, il faut changer le profil.
Pour cela, il faut aller dans le menu édition > convertir en profil. Dans espace de destination, choisir RVB98. Mais généralement prophoto est accepté sans problème.

Si votre image est dans un profil plus restreint comme sRVB, par exemple parce qu’on vous l’a envoyée comme cela ou que vous l’avez récupérée sur le net, c’est dommage mais ne la remettez pas en RVB, vous ne gagnerez rien, les tons qui ont été écrêtés le resteront.

Lightroom

Lightroom ne donne pas le choix de modifier l’espace colorimétrique, comme ça c’est plus simple 😊. Si vous devez vraiment faire un changement d’espace colorimétrique, il faut aller dans photoshop pour le faire.

Imprimer chez soi

Il y a de nombreux modèles d’imprimantes photo. Elles diffèrent par la taille de papier imprimable, le nombre d’encres complémentaires aux CMJN de base pour obtenir des couleurs et des détails fins, par la densité et le volume des gouttes d’encre déposées.
Les logiciels vendus avec les imprimantes proposent certains outils, par exemple pour faire des mise en page personnalisées, d’optimiser l’impression. Il n’est pas possible ici de détailler leur mode d’emploi. Une imprimante dédiée à la photo a en général un logiciel optimisé qu’il est recommandé d’utiliser.

Mais on peut aussi imprimer depuis photoshop ou lightroom.

Dans tous les cas, les couleurs dans le fichier numérique sont codées en RVB et l’imprimante utilise des encres CMJN.
Le passage RVB vers CMJN ne doit être géré que par l’imprimante, ou que par photoshop/lightroom, mais jamais par les deux à la fois.

Avec photoshop

On peut imprimer depuis photoshop sans avoir besoin d’aplatir l’image ou de l’exporter. On peut imprimer un psd, un psb, un tif, (et même un jpeg 😁). Le format png est également imprimable. Il est plutot utilisé dans le graphisme qu’en photo.

Le menu fichier> imprimer ouvre les paramètres d’impression et donne le choix pour la gestion des couleurs.

Impression depuis photoshop avec gestion des couleurs minimale par l'imprimante

Si vous sélectionnez « laisser l’imprimante gérer les couleurs » et « impression normale », c’est l’option la plus simple, mais la moins fiable. Dans ce cas c’est un profil générique de l’imprimante qui est utilisé, et le choix du type de papier est limité. On y accède dans un second temps dans les paramètres de l’imprimante.

Impression depuis photoshop avec gestion des couleurs par l'imprimante en mode épreuve

En sélectionnant « vérification d’épreuve sur papier », on peut choisir le profil ICC du couple imprimante/papier.

Impression depuis photoshop avec gestion des couleurs par l'application

Si maintenant on choisit « laisser photoshop gérer les couleurs », on peut aussi choisir le profil ICC du couple imprimante/papier (et pas seulement de l’imprimante…).
Dans ce cas, il faut désactiver la gestion des couleurs par l’imprimante dans son pilote. L’emplacement varie avec le modèle d’imprimante, voir avec le mode d’emploi.

Avec lightroom

Le module d'impression de Lightroom

Lightroom a un module intitulé impression. On peut y régler de nombreux paramètres concernant la disposition, l’impression de plusieurs photos par page, les marges… Le choix de l’imprimante se fait par le bouton en bas à droite de la fenêtre de ce module.

A la rubrique « gestion des couleurs », comme avec photoshop on peut soit laisser l’imprimante le faire, soit choisir de le faire depuis lightroom ce qui permet de charger le profil ICC du couple imprimante/papier. Mais dans ce cas, il faut comme avec photoshop désactiver la gestion des couleurs par l’imprimante, comme c’est du reste rappelé dans cette fenêtre.

Deux curseurs, luminosité et contraste, permettent de corriger l’impression si nécessaire.
Cette façon d’imprimer peut être pratique pour faire des cartes de vœux ou des travaux simples mais elle est à mon avis peu adaptée à des tirages soignés.

A moins de disposer d’une imprimante photo de qualité, et permettant de tirer en grand format, ou d’y avoir accès via un club photo, pour faire de grands tirages soignés ou imprimer des livres photos, il faut envoyer la ou les photos à un imprimeur.

Quand on imprime chez soi, on ne préoccupe en général pas trop du poids du fichier. Mais ce n’est plus le cas quand on passe par un imprimeur

Ajuster la résolution en fonction de la taille de papier pour un poids de fichier acceptable

La plupart des imprimeurs limitent le poids de fichier qu’on peut leur envoyer. Il faut donc ajuster la résolution de sortie en fonction de la taille d’impression de façon à ne pas dépasser les limites de poids, qui sont généralement de l’ordre de 150 à 200Mo.

Le poids d’un fichier dépend de sa taille en pixels et de la profondeur de l’image :

Taille (en octets) = Largeur (px) × Hauteur (px) × Profondeur (bits par pixel) ÷ 8

  • 8 bits par canal, RVB (3 canaux) → 24 bits/pixel
  • 16 bits par canal, RVB → 48 bits/pixel
  • Avec un capteur 24 Mpix, le poids du tif (16 bits) en sortie est de l’ordre de 145Mo, de 300 Mo avec un 50Mpix.

Les calculs ci-dessus vous prennent la tête ? A moi aussi 😊

Avec Lightroom

Dans lightroom il n’y a malheureusement aucune solution simple pour connaitre à l’avance le poids d’un fichier après exportation en fonction des paramètres de taille, de résolution et de format de fichier. Il faut faire des essais et regarder le résultat si on doit impérativement limiter le poids du fichier.

Vous pouvez aussi utiliser cet outil qui vous permet de calculer par avance le poids du fichier tif exporté en fonction
– de la taille de votre capteur (ou de votre fichier si vous avez recadré)
– de la taille de papier souhaitée
– de la résolution choisie

🖨️ Estimer le poids d’un fichier exporté pour impression (TIFF)

Dimensions actuelles Largeur (pixels) :
Hauteur (pixels) :
Dimensions imprimées Largeur (cm) :
Hauteur (cm) :
Résolution (ppp) :
Profondeur TIFF16 bits/canal (par défaut)

Avec photoshop

Avec photoshop il n’y a pas besoin de faire ce calcul, il y a un outil très pratique qui le fait pour nous : menu image > taille de l’image.

A l’ouverture cette fenêtre affiche ceci par défaut :

Calcul dans PS de la taille d'impression d'une image à 300ppp

– la taille (en fait le poids en Mo) de l’image. C’est le même poids qu’on trouvera dans le fichier exporté au format tif sans compression.
– Les dimensions du fichier en pixels, donc sa définition.
– La taille en cm de l’image imprimée à la résolution indiquée qui par défaut est mise à 300ppp
Attention, la case « rééchantillonnage » est cochée. Pour la suite il faut absolument la décocher et bien garder liés la largeur et la hauteur du document.

Donc ici, avec un fichier de 24Mpix, je peux imprimer à 300ppp jusqu’à 54 x34 cm et mon fichier exporté pèsera 137 Mo.

Est-ce que je peux l’imprimer en 75 x50 cm ?

Calcul dans PS de la résolution de sortie en fonction de la taille de fichier et de la taille de l'image imprimée souhaitée.

Sans faire de calculs compliqués, dans cette même fenêtre de photoshop il suffit pour le savoir de
-décocher la case rééchantillonnage
-Entrer les valeurs de 75 et 50cm
– la résolution de sortie est alors de 203ppp. C’est plus de 4 fois ce que le calcul basé sur la résolution de notre œil en fonction de la distance d’observation nous indique. On est donc très confortable.

Est-ce que je peux diminuer le poids du fichier ?

Avec un capteur 24 Mpix, le poids du tif (16 bits) en sortie est de l’ordre de 145Mo.
Avec un capteur 50 Mpix, fréquent avec des capteurs plein formats récents, il est de 300Mo, ce qui est supérieur à ce que beaucoup d’imprimeurs en ligne acceptent et il faut donc souvent le réduire.

Diminution du poids du fichier en diminuant la résolution de sortie

On peut bien entendu le faire en choisissant à l’exportation de le mettre en jpeg (dommage !). Mais on peut aussi ajuster la résolution au mieux tout en gardant la même taille.

Dans la fenêtre taille de l’image de photoshop, il faut cette fois cocher la case rééchantillonnage, et, tout en gardant la taille d’impression choisie, modifier la résolution en surveillant le poids (taille) de l’image en haut de la fenêtre. Les dimensions du fichier (en pixels) sont réduites par rapport au fichier de départ, ce qui ne pose pas de problème.

Vérifiez dans le tableau plus haut dans cette page, qu’à la fin la résolution est compatible avec une qualité optimale.

Mais si je veux quand même garder une résolution de 300ppp avec un 75×50 cm ?

Augmenter la résolution sans décocher rééchantillonnage = créer des pixels et alourdir le fichier. A fuir !

Cela ne sert absolument à rien pour imprimer une photo de cette taille, mais surtout, pour ça il faut créer des pixels en cochant la case rééchantillonnage et en augmentant la résolution affichée. Donc, oubliez !

En 1999, mon tout premier boitier numérique générait des jpeg de 640 x480 pixels soit 0.3Mpix, même pas suffisant pour imprimer un 10 x15 à 300ppp. A 300 ppp, la taille maximale imprimable est de 5.4 x 4 cm. Dans ce cas, cela vaut la peine de rééchantillonner l’image pour l’agrandir à l’aide de l’IA, que ce soit avec lightroom ou, mieux avec Gigapixel de Topaze. Sur cette page vous trouverez une comparaison des différentes méthodes de rééchantillonnage. Celle de photoshop n’est pas la meilleure.

Mais en dehors de situations un peu extrêmes comme celle-ci, vous ne gagnez rien à créer des pixels par IA.

Quel format de fichier faut-il envoyer à l’imprimeur ?

Le fichier à envoyer à un imprimeur externe ne doit comporter qu’un seul calque.

Depuis lightroom il n’y a de toute manière qu’un seul calque (les masques n’en créent pas).

Avec photoshop, cela se fait au moment de l’exportation (enregistrer sous…)

Si l’image de départ était un jpeg alors on peut exporter en jpeg mais dans ce cas choisir la meilleure qualité possible.

Si c’est l’imprimeur qui demande un jpeg, même quand ce n’est pas au départ un jpeg, alors changez d’imprimeur ! Le jpeg compresse, crée des artefacts, et surtout c’est un format 8 bits qui ne permet pas de rendre autant de nuances ce qui peut créer des effets de « banding », particulièrement visibles dans les dégradés et les ciels.

Il faut en effet toujours privilégier le format tif (ou tiff, c’est la même chose) car c’est un format sans compression destructive qui conserve toute la qualité (couleurs, détails, profils). C’est particulièrement important pour des images en 16 bits.

Tif avec ou sans compression ?

Dans lightroom on a le choix d’exporter en tif sans compression ou avec une compression Zip. Celle-ci convient très bien et diminue le poids du fichier.

Dans photoshop, on a le choix entre tif sans compression, avec compression LZW ou compression zip. Les deux sont non destructives. Mais attention, malgré son nom, avec la « compression » LZW, on obtient souvent des fichiers plus lourds que sans compression !

Cette compression LZW est une compression sans perte mais son efficacité dépend du type et du contenu de la photo.
Elle est efficace sur des images 8 bits avec de grandes zones uniformes (aplats de couleur, peu de bruit) et sur des images avec peu de détails ou de texture.

Mais elle est contre productive sur des images
– riches en détails fins (ex : photos très texturées, bruitées, avec beaucoup de transitions de couleurs),
– en 16 bits : les valeurs de pixels sont beaucoup plus variables, donc moins compressibles avec LZW.
– avec un espace colorimétrique large comme le Prophoto

Sur une image en 16 bits et en prophoto, la compression LZW essaie de compresser, n’y parvient pas mais ajoute même des informations de structure de compression au fichier ce qui en augmente le poids.

Par conséquent, on choisit de préférence le tif avec compression zip.

Exportation finale avant envoi

Avec lightroom

Tous les paramètres de la fenêtre d’exportation de lightroom sont détaillés dans cet article.

Fenêtre d'exportation de lightroom

J’exporte mes photos dans un dossier spécifique « impressions ». J’attends d’avoir reçu les tirages et s’ils sont corrects, je jette le tif (il se refait en une seconde si vraiment j’en ai besoin). Je choisis donc tif 16 bits compression zip et je garde l’espace colorimétrique prophoto, sauf si l’imprimeur demande explicitement à ce que ce soit Adobe RVB98.

Pour ce qui est du dimensionnement de l’image, c’est ici que vous indiquez la taille du support d’impression, en cm donc.
Si vous n’avez pas modifié le rapport largeur x hauteur, vous pouvez choisir « bord large » comme ici, ou bien préciser les deux dimensions.

Et comme c’est pour impression, il faut donc préciser la résolution comme on l’a vu précédemment. En la limitant à 150ppp, le poids du tif exporté est de 90Mo. Je pourrais donc même augmenter encore un peu la résolution pour rester en dessous de 150Mo.

Je n’ajoute généralement pas de netteté car je fais cela en amont dans le fichier.

Avec photoshop

A ce stade, la taille de l’image en cm et sa résolution ont déjà été modifiée, de même que l’optimisation des couleurs si besoin.

Exporter depuis photoshop

On exporte avec la commande « enregistrer sous ».

On choisit donc Tif, et on enregistre « en tant que copie » en décochant bien la case « calques » (cochée par défaut).
Le profil ICC de la photo doit être indiqué : Prophoto ou Adobe RVB98 suivant les exigences de l’imprimeur.

A côté de couleur on voit le format d’épreuve qui a été utilisé pour préparer cette photo. Il ne faut PAS cocher cette case.

Options tif dans photoshop

La fenêtre ci contre s’ouvre alors pour choisir les options du fichier tif :

On choisit donc sans compression ou compression zip et on coche la case supprimer les calques et enregistrer une copie.
Les autres paramètres sont sans importance. Mac ou PC c’est pareil depuis longtemps pour le format.

Une petite vérification de la taille du fichier exporté et c’est tout bon, on peut envoyer à l’imprimeur !

📌 À retenir :

  • Pour imprimer chez soi, inutile d’exporter : imprimez directement depuis Lightroom ou Photoshop en laissant l’imprimante ou le logiciel gérer les couleurs.
  • Pour une impression externe, exportez au format TIFF 16 bits avec compression ZIP, sans calques, et en respectant le profil colorimétrique demandé.
  • Ajustez la résolution de sortie en fonction de la taille d’impression et des limites de poids de fichier imposées (souvent < 150 Mo).
  • Ne dépassez pas 300 ppp, cela ne sert à rien au-delà. Mieux vaut réduire un peu la résolution pour rester dans la limite de poids.
  • Évitez le JPEG sauf si c’est la seule option imposée (et changez d’imprimeur si possible 😄).
  • Un petit outil pratique vous aide à estimer à l’avance le poids de votre fichier TIFF en fonction de vos paramètres d’impression.

Conclusion

Voici qui termine cette série d’articles sur la gestion des couleurs de la prise de vue à l’impression. N’hésitez pas à commenter et à poser des questions.

8 commentaires sur “Photos prêtes à imprimer : format, résolution, exportation”

  1. Félicitations pour cette remarquable série d’articles qui fait un point précis et exhaustif de toutes les questions posées par ces étapes. Petite question sur Lightroom : lors de l’exportation finale, dans quel cas faut il cocher la case « Ne pas agrandir » dans la partie « Dimensionnement de l’image » ? Merci par avance

    1. Bonjour,
      Si tu demandes une sortie de 2048 pixels sur le plus grand côté et que ta photo en fait 6000, elle sera réduite et c’est OK.
      Si ta photo n’en fait que 640, elle devra être agrandie pour atteindre cette taille de 2048. Les pixels manquants seront créés par extrapolation. Si c’est ce que tu veux faire, il y a d’autres solutions bien plus performantes que celle-ci qui donne en général un résultat très moche. Donc en bref, sauf exception, tu coches cette case 🙂

      1. Merci ! Je suppose que parmi les solutions plus performantes il y a la « super-résolution » sur Lightroom ? Au passage, je découvre la richesse de ton site sur un tas de sujets (ISO invariant …) et me régale.

  2. REMARQUABLE,merci pour ces explications qui sont loins d’être des résumés.Je vais tout relire et cela devant l’ordinateur et un cliché pour mieux appréhender le process.Comme je te l’avais noté nous imprimons avec le papier Canson baryta en 310 g et parfois nous avions des nuances bizarres,je vois que nous passions des étapes importantes.Merci pour ton aide,je suis certain que tu vas aider beaucoup de photographes ou clubs.

  3. Merci Florence et bravos pour cette série d’article qui est en tous points remarquable. J’ai passé 2023 et 2024 à faire des recherches similaires dans ce maquis, comme j’aurais aimé trouver une telle synthèse dès le début !! Pour ma part j’ai fini par quitter le ProPhoto pour le AdobeRGB98.
    Maintenant je me documente sur les différents papiers et leur différence de rendu. Là c’est loin d’être une science !
    Belle journée

    1. Merci Philippe 🙂
      J’ai fait cette série car j’ai eu exactement le même besoin : toutes les infos contenues dans ces différents articles sont disponibles sur le web, y compris du reste pour une partie dans ce site, mais tout ça éparpillé et pas toujours synthétique.J’espère que ça comble ce manque.

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